Et si la Monusco était victime de la politique américaine voulue en RDC?

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Tribune de Rossy Muhemedi

Après l’éclosion de la guerre dite « froide » entre les blocs capitaliste et soviétique, l’aspect politique sert malignement l’onglet économique. Ce sont les États-unis qui tirent le gros de pactole. Depuis un temps, il s’est développé aux USA un programme économique basé sur l’exploitation des richesses du monde par une stratégie de se faire servir par une main basse.

Cette tactique passe dorénavant par la légitimation des gendarmes dans les pays où ils veulent occuper. Les cas emblématiques sont celui de l’Irak, de la RDC, la Libye. Maintenir un contrôle et une gestion opaques par sous-traitance, en vue de créer des guerres, des rébellions pour installer une situation d’ingouvernabilité au grand mépris de droit international, qui émane en grand majorité des juristes occidentaux.

La République démocratique du Congo est engouffrée dans un cycle infernal des violences de tout genre sous l’oeil coupable et impuissant de la communauté internationale, qui a en sa conscience l’imposition de paix. Les organisations internationales éprouvent des limites, car pour des intérêts quelque soit sa nature, certains États membres ne parviennent pas à partager leur souveraineté pour se laisser dicter par celle-ci, c’est le cas étasunien.

La police universelle ne sait servir que ces pays qui lui donnent du cash

L’idée de la création des Nations unies en remplacement de la Société des nations qui venait d’esouiller un grand revers, n’était pas non plus mauvaise. Après la période d’entre deux guerres (1914-1945), il fallait à tout prix panser les blessures et mettre en place une police universelle pour l’instauration de l’ordre mondial. Comme dans ses vieilles habitudes, les États-unis n’adhèrent pas facilement à une organisation qui ne sert pas sa vision dans le monde. Déjà pas membre de la Société des nations, le pays de l’oncle Sam avait élaboré une stratégie très avantageuse en sa cause pour garder sa suprématie dans la nouvelle organisation, les Nations unies.

Les nations unies voient le jour à San Francisco aux USA en 1945, et un milliardaire américain offre un espace sur lequel sera érigé le bâtiment mondial. Le siège de l’institution planétaire est à New-York, l’Afrique gonfle l’effectif au fur et mesure, les pays du continent accèdent à leurs indépendances.La cuisine américaine leur sert malgré leur goût.

“Paix, dignité et égalité sur la planète saine ”, le rêve des Nations unies

États-unis sont le porte-parole de la paix internationale par la sécurité collective parce qu’ils sont le premier vainqueur de la seconde guerre, par ricochet, la première puissance, d’où son arbitrage dans des conflits internationaux est sans doute décisif.
Les pays du monde acceptent d’adhérer sous la bannière d’une paix universelle, en réalité, elle est sectionnaire. A travers un département discuter à l’Insu des Africains, l’organe chargé de maintenir cette paix, se nomme Conseil de sécurité, regroupant les pays vainqueurs de la guerre de l’année 1945 ( Les USA, La Russie, la France, l’Angleterre et la Chine qui y est insérée pour d’autres commodités). En 1991, une mission dépêchée par l’ONU parvint à libération du Koweït sous l’occupation irakienne de Saddam Hussein, le pétrole est protégé dans cette région. Un succès trompe-l’oeil. Depuis lors, on enregistre plus un succès majeur en ce sens.

La crise explose au Congo à partir des années 90, la guerre dite de libération y est déclarée en 1996, et suit celle d’occupation et d’exploitation en 1998. Certains ouvrages attestent l’intelligence américaine dans la planification de ces guerres qui ne cessent d’enduiller et d’appauvrir lamentablement les populations congolaises jusqu’à l’heure de cette lecture.

L’Organisation des nations unies vient en aide à l’hécatombe congolaise

Le 30 novembre 1999, en pleine boucherie humaine au Congo, par une résolution 1279, l’Organisation des Nations unies décide de l’envoi d’une mission d’observation tout d’abord dans un pays qui tentait d’être refait en superficie territoriale. Le cas similaire du Koweït, en lieu et place d’une mission d’imposition de paix. Les années se sont comptées et les maux amplifiés, les embargos sur les armes se sont suivis, mêmes ceux qui ne sont plus justifiés.
La décision du Conseil de sécurité découle de 5 pays permanents, d’où 2 sont à la merci des États-unis ( l’Angleterre et la France), la Chine et la Russie n’ayant pas d’ingérence dans la politique intérieure de la RDC.

Faire payer l’indocilité de Lumumba coûte que coûte ?

Les premières heures après l’indépendance de la RDC étaient très lucides pour comprendre l’attitude d’exploitation des États-unis vis-à-vis du Congo. Le héros de l’indépendance et le tout premier Premier ministre du pays riche en matières premières allait se choisir un modèle de développement politique et économique pour répondre aux aspirations de ses compatriotes. Le bloc capitaliste lui voyait mal serrer la main soviétique en connaissance de ce que regorge le sol et le sous-sol congolais, il est assassiné en 1961. Plusieurs sources pointent la responsabilité de la CIA, dans la planification et l’exécution de son assassinat, lui qui n’a géré que pendant 65 jours. L’homme qui a régné après lui, était du goût capitaliste.

L’ONU change l’appellation de sa mission au Congo, mais ne convainc pas

De la Monuc à la Monusco, les résultats peinent à persuader plus d’un congolais. Tout est décidé sans les concernés ou presque. Après l’Observation, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est contenté d’ajouter le mot Stabilisation dans la nouvelle appellation. En 2017, le président américain Donald Trump qualifie la mission onusienne en RDC de budgétivore, d’où il faudra diminuer son effectif, après la diminution de la contribution américaine à l’ONU. Il est clair ici, que les États-unis ont un agenda propre à la RDC. Les rebellions s’imbriquent et changent de revendications, les populations congolaises n’ont que les yeux pour le constater. La classe politique divisée et distraite sur les intérêts individuels et partisans, la défense territoriale abandonnée légèrement à l’ONU.

De quoi la Monusco peut-elle être responsable alors?

En RDC depuis 1999, la mission de maintien de la paix de l’ONU qui consomme le plus de budget de toutes autres (1,4 milliard Us annuellement) à travers le monde. Sa politique est déterminée pour une période donnée par les membres permanents du Conseil de sécurité, largement acquis au dictat américain. La mission onusienne au Congo est sans résultat attendu par les habitants du pays, maintenir la paix. La paix et sécurité d’un État sont de l’apanage de cet État là en premier, notion de souveraineté, ensuite viennent les autres mécanismes. Dans les organisations internationales ce sont les intérêts et rien que les intérêts qui comptent. La République démocratique du Congo se doit d’allouer un budget conséquent dans la réforme de son système de défense pour espérer une quelconque paix avant de compter sur les autres. Quand les États-unis financent une organisation, il est logique qu’ils tirent profit de leur financement. Qu’ils plaisent aux congolais ou non.

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