Afrique : Aucun régime n’est épargné d’un coup d’Etat

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Les coups de force pendent désormais aux nez de tous les dirigeants africains. Au sud du Sahara, Les africains sont les mêmes. Ils se ressemblent et partagent presque les mêmes aspirations. Ils n’ont pas que la couleur de peau comme trait d’union.

Tribune de Gaéthan Kombi, Politologue

Aujourd’hui, il s’observe une épidémie des coups d’États. Tour à tour, 5 régimes ( Le Mali, la République de Guinée, le Burkinafaso, le Niger et maintenant le Gabon) sont tombés du fait des initiatives putschistes. Ce, dans une sorte d’effet cigogne où, la chute d’un régime précipite celle d’un autre, dans un cycle de discontinuité inquiétante.

Assistons-nous, impuissant à la matérialité de l’effet domino, tant redouté par les théoriciens occidentaux des relations internationales qui, postulaient déjà une sorte de généralisation des coups d’État en Afrique, une fois qu’un seul sera consommé dans un pays africain.

Tous les mêmes

« Nous avons la même couleur mais surtout les mêmes aspirations« 

Hantés par les spectres du panafricanisme (Doctrine qui faisait des africains un seul peuple, partageant les mêmes aspirations…), les africains siamoises dans leurs reflexions. Ils pensent généralement pareil, surtout quand il s’agit de revendiquer leur souveraineté, vis-à-vis de l’impérialiste.

La vague des coups d’État à laquelle nous assistons n’est donc pas inédite comme d’aucuns le pensent. Ce n’est pas non plus un cas d’école en Afrique. C’est du déjà vu!

Les africains du sud du Sahara sont les mêmes. Mon acception trouve toute sa pertinence du fait de l’histoire même de la civilisation africaine qui a longtemps été de l’apanage des puissances tutrices coloniales. De cette histoire, quelques éléments qui attestent de la ressemblance des africains se dégagent :

  1. Tous les États africains ou presque ont subit la colonisation en « même » temps
  2. Les décolonisations et les accessions aux indépendances ont été également épidémiques en Afrique. Pays après pays, peu avant les années 1960, les indépendances ont commencé à pleuvoir jusqu’à se généraliser sur presque tout le continent.
  3. Quelques années après la colonisation, il s’est observé une forme de généralisation, par une forme d’effet de contamination, des régimes autoritaires, ensuite des partis uniques dans toute l’Afrique subsaharienne.
  4. L’apparition des regimes militaires aux pouvoirs s’en est suivie dans quasiment toute l’afrique subsaharienne.
  5. La vague des conférences nationales souveraines s’est observée en Afrique au début des années 90, consacrant notamment le multipartisme.
  6. Etc…

Ces indicateurs historiquement vérifiables, dénotent de la ressemblance des africains et de leurs ralliements.

Et donc, le fait de voir une nouvelle vague des coups d’États, seuls les non avertis pourraient y rester estomaqués. Ceux qui prennent studieusement rendez-vous avec l’histoire de la civilisation africaine ne peuvent aucunement en être surpris.

Aucun régime épargné

L’on comprend mieux les agitations de quelques chefs d’État, qui voient la vague arriver, et qui procèdent au toilettage de leurs appareils de sécurité et de défense. Oui, l’heure est grave, très grave même pour les non-avertis, qui pensaient que les coups d’États n’étaient que des simples mésaventures des Ouest-africains. La tombée du Gabon vient alors désillusionner les opinions qui qualifiaient l’Afrique centrale d’éclusier contre les putchs ou encore d’Afrique amorphe.

L’effet domino est en marche. Aucun régime, même le plus coriace, n’est à ces jours épargné, malgré que les contextes endogènes à chaque pays est un des éléments prépondérants dans l’analyse de l’éventualité.

Le mauvais côté de l’histoire

L’euphorie est totale autour de ses putschs populaires, mais les effets que ceux-ci pourraient avoir dans des régimes jusque-là non-atteints sont à première vue effrayants. Désormais, les mesures de contrôle vont s’y durcir, les libertés d’expression vont s’y atrophier et le spectacle d’arrestations-interpellations va y battre son plein. Ce, pour la simple et bonne raison qu’il faudra renforcer la sécurité autour des présidences des pays en risque de putschs, et par ricochet minimiser voire annuler les chances de survenance de ceux-ci.

Dans ces pays encore « en risque », les appareils répressifs de l’État ( L’armée, la police et la Justice) vont être exagérément privatisés par les régimes, qui en feront des simples machines de répression des pouvoirs en place.

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