Tensions RDC-RWANDA : Bunagana fermée, d’autres alternatives pour la douane congolaise (interview exclusive)

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Il est important que le gouvernement puisse aménager la route qui relie le poste frontalier de Ishasha pour permettre aux opérateurs économiques de bien acheminer leurs marchandises dans la ville de Goma.

Cette proposition est de Monsieur Tsongo Matata Deliance, président de l’association congolaise des déclarants agréés en douane (ACAD), en ce moment où le poste de Bunagana est sous contrôle depuis un temps des rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.

Dans une interview exclusive accordée à le-renouveau.net, le président a brossé la situation générale actuelle liée à leurs activités.

Comment exercez-vous vos activités actuellement, alors que le poste stratégique frontalier de Bunagana où transite beaucoup de marchandises est sous contrôle du M23 depuis un temps ?

Nous déclarants agréés en douane, nous travaillons là où l’État exerce son pouvoir. Comme Bunagana est occupé actuellement par les rebelles, nous mêmes nous n’avons plus de place là. Comme la décision a été prise par nos autorités, nous sommes là pour observer et respecter. Dans l’exercice de notre travail, nous avons trois phases : la phase de conduite des marchandises, de dédouanement et de déchargement.

Quelles sont les précautions nécessaires prises pour sauver ou épargner les marchandises qui étaient déjà à Bunagana ?

Jusque-là, il y a des marchandises qui étaient en destination et d’autres en dédouanement à Bunagana. Pour l’instant, toutes les marchandises qui étaient en destination vers Bunagana, nous avons ce que nous appelons en douane « changement de destination en négociation avec une douane de transit« , à la douane de l’Ouganda pour une destination de Kashindi, Ishasha ou Goma. C’est-à-dire que pour toutes les marchandises en destination de Bunagana, nous avons changé les destinations. Même pour les marchandises qui étaient en cours de dédouanement, nous avons jugé bon qu’elles rebroussent chemin.

Tsongo Matata Deliance, président de ACAD

Nous avons plutôt de la crainte de à peu près six véhicules qui étaient dans l’entrepôt à Bunagana, avant que le M23 n’occupe le lieu.
En ce sens, nous avons déjà entamé la procédure auprès des autorités compétentes pour qu’elles demandent à celles de l’Ouganda de rappeler ces marchandises en difficulté à Bunagana, pour qu’elles changent de destination pour d’autres douanes sécurisées par l’État congolais.
Nous demandons donc aux opérateurs économiques de rester serin du fait que la douane de Bunagana ne pas la seule. La douane de Ishasha est la plus ancienne par rapport à celle de Bunagana.

Concrètement, qu’est-ce qu’il vous faut pour que la douane de Ishasha vous inspire confiance ?

Nous demandons seulement, aux autorités de bien aménager cette route car, il y a un flux. La route est trop sollicitée actuellement, on doit demander à l’office de désengorger cette entrée qui nous reste. Nous avons une seule douane, nous avons un seul État, donc les opérateurs économiques doivent emprunter d’autres postes qui sont accessibles.

Quel est le sort réservé aux propriétaires/clients des marchandises qui peuvent avoir été pillés par le M23 ?

Jusque-là, il y a une procédure, nous sommes aussi un cabinet conseil auprès des opérateurs économiques. Il n’y a que l’État qui dispose un carré douanier. Et donc…les opérateurs économiques doivent passer par les textes légaux pour qu’ils puissent être dédommager par l’État si leurs marchandises ont été pillés.

Amiral Senghor et Fiston Issemwami

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