“Congo Hold-up”: BGFIbank, institution bancaire facilitatrice de la kleptocratie?

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Par Rossy MUHEMEDI

La société est au coeur d’un scandale financier  depuis  ce 19 novembre  qui ternit une fois de plus à sa réputation, dans de graves révélations faites par un large réseau des lanceurs d’alerte en République Démocratique du Congo.

Avec pas moins de 3.2 milliards d’euro en dépôt, 2200 employés repartis dans onze pays, le Groupe BGFIbank est sans doute le premier groupe bancaire d’Afrique centrale cinquante ans après sa création. Mais aussi il est cependant lié au pouvoir et aux descendances familiales présidentielles de certains pétroliers et Chefs d’État. Grâce à ces accointances, le groupe est devenu une institution au Gabon, au Congo-Brazzaville et en République Démocratique du Congo.

Créée en 1971, la Banque de Pars et des Pays-Bas (devenue Paribas en 1982), s’est décidée d’ouvrir une filiale au Gabon, ces années durant lesquelles la santé de Françafrique se portait à merveille. Sous l’impulsion du guide gabonais Albert-Bernard, devenu Omar Bongo, un des grands soutiens de l’institution.
Sur son site internet, la BGFI rappelle ses origirines franco-gabonaises de la Banque de Paris et des Pays-Bas, elle devient Paribas Gabon en 1982 puis, au fil des années 90 et d’une montée en puissance du pouvoir gabonais dans son capital, une véritable banque africaine, renommée en 1996 Banque Gabonaise et française internationale (BGFI), une institution 100% africaine.

La Banque est amplement citée dans les affaires de blanchiment, de corruption et de détournement, des accusations que celle-ci rejette toujours. En Afrique centrale, l’institution très liée aux présidents Ali Bongo (Gabon), et Dénis Sassou Ngwesso (Congo-Brazzaville), où elle est trop impliquée dans plusieurs scandales de corruption et de détournement, dont l’affaire des “ biens mal acquis
Les révélations contenues dans le “ Congo Hold-up”, s’appuient sur plus 3.5 millions de documents mais aussi les détails de millions de transactions bancaires provenant de la BGFI qui ont permis de retracer du casse dans ses plus petits détails. Grâce à des factures douteuses, de jeux d’écriture comptable, des transactions antidatées et grâce à une société-écran qui leur a permis de couvrir le tout. Selon les enquêteurs.

Aux côtés de ces 138 millions dollars, 33 millions de dollars sont déposés en liquide sur les comptes de sociétés contrôlées par Joseph Kabila et son premier cercle, et 72 millions de dollars d’origine inconnue ont transité par le compte de la Banque Centrale du Congo à la BGFI. C’est soit un total de 243 millions de dollars de fonds publics et de fonds à l’origine suspecte encaissées par l’entourage proche de Joseph Kabila en de cinq ans, précise un document de Médiapart.

La Banque a permis également et des réseaux suspects d’hommes d’affaires dont des financiers présumés du Hezbollah d’opérer en RDC et d’accéder au système bancaire international. Ces flux d’argent sale ont transité par de grandes banques occidentales, qui ont opéré de nombreuses transactions suspectes en dollars pour le compte de la BGFIbank, Poursuit le document.

Reste à savoir si la justice congolaise ouvrira à son tour une procédure judiciaire en ce sens. Rappelons qu’avant ce Congo Hold-up, plusieurs personnes et organisations demandent au gouvernement congolais l’ouverture d’une autre action judiciaire de l’enquête menée cette fois par les experts de l’ONU, dans le rapport dit de “ Mapping” sur les différentes guerres à l’Est du Pays

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