Conflit rwando-congolais et affrontements à l’Est de la RDC: les grosses erreurs à éviter! (Tribune)

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L’interrogation remonte à des décennies auparavant, et la charade semble tellement difficile à démêler que personne ne s’en remet.

Tribune de Gaethan KOMBI

« Comment un petit État de 26 338 Kilomètres carrés parvient-il à titiller voire enrumer un autre qui vaut presque 90 fois plus grand que lui? » s’interrogent toujours les observateurs du conflit Rwando-congolais.

Et bien, sachez que, autant que vous, nous avons également du mal à trouver une réponse appropriée à cette équation. Cependant, de façon poussive, à l’heure actuelle où les échauffourées ont repris entre les deux nations, il nous semble idoine de tenter de trouver une explication à la vraie valeur de la République du Rwanda dont l’implication dans l’activisme et la montée en puissance des M23 ne font presque plus de débat.

L’unanimité autour du statut d’agresseur du Rwanda

Alors que des messages, posts et messages d’accusations du Rwanda pullulent dans toutes les voies de communication dont pour la plupart dans les réseaux sociaux, les Forces Armées de la République Démocratique du Congo ne cessent d’alerter sur le coup de pouce toujours accru du régime de Paul Kagame aux revenants M23.

À en croire les communicateurs de l’armée congolaise, ils sont de plus en plus nombreux, ces hommes armés qui traversent les frontières rwandaises (et ougandaises) pour renforcer les rangs de l’ennemi.
C’est la version qui fait l’unanimité en RDC, et ce n’est pas le célèbre Docteur Denis Mukwege qui va dire le contraire.

«L’agression du Congo par le Rwanda via le M23, c’est pas une chose nouvelle» a lâché le Prix Nobel de la paix au roi Philippe de la Belgique lors de son récent passage à l’hôpital de Panzi, en province du Sud-Kivu. Pour corroborer cette position généralement appuyée par la partie congolaise, des images des militaires rwandais capturés sur le sol congolais il y a quelques jours sont avancées.

Le Rwanda, entre refus et mépris

Pour ce conflit que le régime et analystes politiques rwandais qualifient de problème « Congolo-congolais, » le pays des mille collines nie, comme toujours son implication active ou passive.

« La seule fois que le Rwanda s’est décidé de venir en appui à un mouvement rebelle au Congo, on sait que ça s’est terminé à Kinshasa. Donc, si le gouvernement rwandais soutenait les M23, Kinshasa serait déjà entre leurs mains » a sèchement lâché un analyste politique rwandais au cours de l’émission « Le Majuscule Propos« …. à la chaîne nationale du Rwanda.

Des propos qui en disent tout sur la perception que la plupart des Rwandais ont de leurs voisins congolais. « Des fainéants, les grands enfants, les bons à rien si ce n’est que dans la prière, la musique et la danse, les Bashenzis » comme détaille le Professeur Alphonse Maindo dans son livre intitulé « Des conflits locaux à la guerre régionale en Afrique centrale. »

Paul Kagame, le remerciement d’un âne ?
Dès son accession au pouvoir, le Président de la République Démocratique du Congo, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo avait fait de la paix dans la partie orientale de son pays sa priorité des priorités.
L’on se rappellera tous de son célèbre serment, « Et cette paix, croyez-moi, je suis prêt à mourir pour qu’elle soit une réalité » fait en début Octobre 2019.

Obligé de faire flèche de tout bois pour y arriver, le chef de l’État congolais s’était tourné vers une approche diplomatique soutenue afin de parvenir à cette fin.
Nul ne pouvait alors ignorer le rapprochement diplomatique et personnel entre le premier citoyen congolais et son homologue rwandais. En témoigne le message de vœux adressé par Paul Kagame à Félix Tshisekedi. « Une très bonne fête de naissance à mon frère et ami S.E Félix TSHISEKEDI, President de la RD Congo » stipulait-il.

Ce rapprochement qui était allé jusqu’aux visites et séjours réciproques entre les deux chefs d’État semble aujourd’hui appartenir au passé. En cause, Paul Kagame aurait remercié son homologue tel un âne (avec un coup de pied).

Tout ça pour ça? S’interrogent plus d’un. Que dire de ceux qui pensaient qu’il n’y avait guère de bonne foi dans ces multiples empoignades entre les deux hommes?. Oui, la rupture est totale.
Pour tout son sourire, sa volonté de rapprochement de deux États, son ouverture pour des relations diplomatiques moins tendues avec le Rwanda, le Président congolais n’a récolté que « le coup de pied de son homologue« .

Communauté internationale, entre calinothérapie et passivité

« Le pire, ce n’est pas la méchanceté des hommes, mais plutôt le silence des autres qui font tous semblant d’hésiter« . Ce passage tiré d’une des chansons célèbres de l’artiste congolais Maître Gims explique en peu de mots la position de la communauté internationale qui pourtant, devrait s’impliquer autant qu’elle le fait pour le conflit Russo-Ukrainien.

Ce silence presqu’unanime de la communauté Internationale atteste de la robustesse diplomatique du Rwanda. Jouissant du statut de « victime » depuis le malheureux génocide de 1994, ce pays à la dimension infinitésimale continue de mettre à profit la sympathie internationale dont il jouit pour jouer au perturbateur à l’Est de la RDC.

Si, la France peine à exhiber sa virilité face au Rwanda depuis les accusations de son implication dans les évènements horribles de 1994, il n’en reste pas moins pour d’autres pays et partenaires économiques du régime Rwandais.

Des attaques stratégiques, Luanda en vue

Il n’y a pas mieux dans une guerre que de discuter en position de force. Oui, c’est incontestablement la stratégie que tentent mordicus d’utiliser les M23 avec en vue, les toutes prochaines assises de Luanda.

« Nos troupes ont pris le contrôle de la cité de Bunagana. Cependant, le chef de l’État S.E Félix Tshisekedi est appelé à lancer les négociations politiques pour mettre fin à la guerre.
Le M23 ne supportera ni nouvelle provocation de l’ennemi ni les appels à la haine et à la xénophobie
». De cette déclaration de Betrand Bisimwa, communicateur du mouvement, on peut cerner la stratégie et la raison des veilleités offensives des terroristes.
Il faut à tout prix forcer la main au gouvernement congolais à négocier et ce, en position de faiblesse, tel est l’agenda du M23.

La situation qui sévit actuellement dans la partie orientale de la République Démocratique du Congo ne montre que la partie visible de l’iceberg. Les acteurs qui sont mis en lumière ne sont peut-être que des pions dont les manettes se trouvent au fin fond d’une brèche inaccessible.

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