RDC/Fardc-M23: enfin les combats quittent la brousse pour les bureaux climatisés

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Tribune

C’est par un Conseil supérieur de la défense présidé par le Chef de l’Etat congolais,vendredi 27 mai dernier, que quelques mesures de rétorsion ont été prises, pour dénoncer l’appui du Rwanda au groupe rebelle du M23.

  • Suspendre les vols de la compagnie rwandaise Rwandair sur le territoire congolais
  • Convocation de l’ambassadeur rwandais en poste à Kinshasa pour lui signifier la désapprobation du soutien de Kigali aux mutins
  • Qualifier le mouvement de 23 mars comme un groupe terroriste.

Un changement de stratégie de l’actuel régime en RDC, dirigé par président Félix Tshisekedi pour combattre au mieux cette force négative avec des moyens plus extrêmes.

Ce changement de ton vise à décourager tout appui extérieur, que bénéficierait ce groupe, afin de l’anéantir complètement. Selon plusieurs sources, ce mouvement rebelle est assisté par le voisin rwandais dans ses assauts contre les forces loyalistes de la RDC.

Déclarer le M23 comme un groupe rebelle et suspendre les vols de la compagnie Rwandair en RDC suffisent pour fragiliser ce mouvement ?

Fragiliser oui, mais pas du tout. Depuis que ces conflits armés ont commencé, c’est pour la première fois que le pouvoir en place à Kinshasa cible directement son agresseur (Rwanda) caché sous le visage du M23. Et cela a un impact considérable dans l’approche et l’issue de ce conflit.

Comme l’ennemi d’en face est connu, le champ d’action a changé aussi. Les mesures de rétorsion par la voie diplomatique s’invitent aussi dans la résolution de ce conflit.
Il serait possible que Kinshasa réfléchit sur des mesures d’accompagnement à cette dénonciation en cas d’absence de désescalade dans ce conflit armé.

  • Rompre les relations diplomatiques avec ce pays
  • Fermeture des frontières
  • Surveiller régulièrement les frontières congolo-rwandaises par des engins de la chasse
  • Verouiller systématiquement la chaîne de commandement sécuritaire, par exemple.

Pourquoi est-ce opportun maintenant de changer de l’approche sur le M23 ?

D’aucuns n’ignorent sur quoi portera le bilan du président Tshisekedi au cas où il voudra un second mandat. Le volet sécuritaire occupe une part importante dans ses discours. Mettre la pression autrement sur ce groupe rebelle avec toutes ses péripéties, comme jamais au paravent, suppose son engagement à finir avec.
On reconnaîtra dans ce changement de traitement, que les revendications de mouvement seront bafouées dorénavant, pas de prise de langue avec le régime en place. D’ailleurs, il a été exclu de facto, du processus de Nairobi où le Gouvernement congolais discute de la paix avec d’autres groupes armés qui pullulent son territoire.

Indixer le M23 à la solde du Rwanda, donne encore de la force à la partie congolaise. Du fait qu’il existe un alinéa dans la résolution de Nairobi d’avril dernier, qui stipule que « tous les groupes armés étrangers en RDC doivent désarmer et retourner sans condition et immédiatement dans leur pays d’origine». En attendant que la RDC fasse reconnaître cette dénomination à la communauté internationale.

Après les attentats de 21 septembre 2001, les Nations unies avec les autres associations de défense des droits de l’homme avaient convenu sur la définition générale du concept terrorisme, «toute action qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non combattants lorsque le but d’un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d’intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation internationale à prendre une quelconque mesure ou à s’abstenir…» Par cette compréhension, le Gouvernement congolais ne manquera pas d’arguments pour étayer sa nouvelle position sur le M23.

Rossy Muhemedi

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