RDC: La liberté de presse comme pluralité des médias?

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« La presse libre peut sans doute être bonne ou mauvaise, mais assurément, sans la liberté, elle ne saura jamais être autre chose que mauvaise», Albert Camus.

Une presse a double visage pendant la période coloniale, dont la majeure partie était publiée en français et en anglais au grand désarroi de la partie colonisée, essentiellement analphabète et, qui doit lire son sort dans la presse de missionnaires qui publiait en langues africaines.

Une attitude qui n’attendait qu’une réplique noble de la part des assujettis !

A l’approche de 1960, les événements politiques se précipitent, les journaux édités par les congolais deviennent de plus en plus militants, une véritable arme politique qui attaque de plein fouet l’administration coloniale. Dans cette situation, les politiciens congolais jouent un rôle capital dans la presse. Très tôt Lumumba devint correspondant de la Croix du congo et de la voix du Congo éditées à Léopoldville.

En 1947, Justin Bomboko fonda le journal “Mbandaka”, en 1953, Joseph Ileo créa « conscience africaine, en 1958, Lumumba forgea le journal “ Indépendance”. Et quelques autres éditeurs de l’époque, il y avait environ 25 journaux au départ. Selon plusieurs documents.

Le but était unique pour ces précurseurs de la presse congolaise, répandre plus que possible les messages de la libération dans le pays, certains se sont faits même emprisonnés dont Lumumba par exemple, dans cette lutte. La presse semblait uniforme à cette époque mais moins outillée, bien entendu !

Le régime politique qui a suivi, était du type dictatorial. Tout était concentré, tout était contrôlé, et cette presse a maqué sa liberté tout au début, au lendemain de l’indépendance. D’ailleurs, l’article 53 du code pénal prévoyait que les déclarations du Président ne pouvaient donner lieu à aucun débat. Alors muselée durant un bon temps où elle pouvait prendre son essor, la presse congolaise balbutiait jusqu’au vent de la démocratisation, un président Mobutu libéra presque une coquille vide, faute de préparation pour certains journalistes, et c’est pour une grande part.

Un grand raté en la matière !

Problèmes d’analphabétisation et de culture de presse font un grand fossé entre les éditeurs et les lecteurs ou auditeurs… sous un œil inféodé et profiteur de cette situation que sont les gouvernants.

L’avènement de la presse congolaise, n’a pas connu un début heureux pouvant lui garantir une vraie liberté par la suite. Les problèmes sont légions, les hommes potiques imposent “une publicité politique ” en lieu et place de la “publicité commerciale”, capable de couvrir les besoins des médias et de permettre aux éditeurs de conserver leur esprit d’indépendance sur les sujets à traiter.

Au média pauvre, des contenus imposés…

Dans la période démocratisation, les médias devenus le lieu de lutte intense d’influence et des pouvoirs dont certains des enjeux principaux sont l’emprise sur l’espace public, le contrôle des productions, et en bref, la confiscation des libertés par les politiciens. Et les médias congolais se sont enfoncés davantage.
« Les médias, sont avant tout un gage de modération, de sécurité et de liberté. Mais le monde politique a horreur du “neutre” parce que, de son point de vue, tout est perçu à travers les rapports de force. En tout temps et en tout lieu , le politique a toujours cherché à contrôler la presse » dixit Montesquieu.

Qui est sous apanage de l’autre ?

L’auditeur ou le lecteur est aussi un électeur potentiel. Alors, médias et politiques, même objectif, celui de l’opinion. En RDC, ce sont les médias qui servent de marche-pieds, à défaut des sensibilisateurs pour tel ou tel autre politique. Question de finances, étant un sérieux casse-tête pour beaucoup de médias congolais, et l’accès aux informations officielles. La cupidité de certains responsables de médias, le manque de sécurité, les coupages et la conscience des “coupés” gèlent ou falsifient l’information et celle-ci devient virale au sein de la population.

Les médias se retrouvent alors dans un cycle infernal, une position de dépendance importante au regard de sa mission régalienne de « chiens de garde » de la population. La liberté d’expression est confondue à la pluralité de médias dans le pays. Les chaînes audiovisuelles à caractère tribal, partisan, voient le jour à une fréquence qui énerve la cohésion nationale. Dans un pays à plus de 400 tribus, “ des outils de communication avec les mêmes empiétements”.

À qui profite cette situation ?

L’état peine à s’exécuter sur la loi 002/96 qui prévoit une aide directe ou indirecte aux médias. Cette subvention peut permettre d’assainir le milieu journalistique qui présente un danger à l’ère internet, où les rumeurs ont une place très remarquable.

Rossy Muhemedi

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